La cantatrice chauve

Auteur : Eugène Ionesco
Mise en scène : Lucia POZZI
Durée : 1h20
Genre : Comédie

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La Cantatrice chauve a été écrite par Eugène Ionesco en 1948 et a été présenté au Théâtre des Noctambules, le 11 mai 1950, dans la mise en scène de Nicolas Bataille.

On y retrouve six personnages, madame et monsieur Smith, madame et monsieur Martin, la bonne et le capitaine des pompiers. Tout d’abord, Mme Smith et Mr Smith sont installé dans un décor anglais. Tout est anglais, même les coups de l’horloge. Les personnages tiennent des propos sur leur vie.  Ils parlent de leur fils et ensuite du souper qu’ils viennent de manger.  Arrive alors un couple d’ami, les Martin.  Ensuite, c’est au tour du pompier.  Une intrigue tourne autour de la sonnerie de la porte et de celui qui a appuyé dessus.  Tous les quatre se parlent sans même s’écouter.

Les répliques se répètent souvent et les histoires s’entremêlent.

Ionesco a l’idée d’écrire cette pièce, en  apprenant l’anglais par la « méthode Assimil ». Touché par la nature des dialogues, à la fois mesurés et insolites, mais aussi par l’enchaînement de phrases sans rapport, il écrit une pièce absurde, L’anglais sans peine.  Suite au lapsus d’un comédien, le titre deviendra « La cantatrice chauve » personnage qui n’apparaitra d’ailleurs jamais…

LA MISE EN SCENE

La mise en scène de cette œuvre (jouée plus de 20.000 fois !!!), demande une de l’originalité et de la capacité à détruire, mot par mot, silence par silence, la structure de cette « anti-pièce » par  excellence de Ionesco. L’auteur est irrésistible par son paradoxe ! Il est le monsieur contre : contre le capitalisme, contre le marxisme, contre la naissance, contre la mort… l’absurdité de la vie,  la dictature de  l’ennui ; tout cela joyeusement ! Dans sa continuité, je tourne  le dos au théâtre canonique et réaliste, pour démolir le langage, en l’éloignant de ça signification primaire. Ainsi on offre au public une pièce paradoxale, où les personnages, parlent et parlent de tout et de rien… Les protagonistes non protagonistes  sont deux couples anonymes  anglais : les Smith et les Martin, typiques personnages bourgeois avec leur grisaille et leur médiocrité. Une servante, version Sherlock Holmes et un grotesque chef des Pompiers imprégnés de banalité, l’un et l’autre obsédés par la peur de dire quelque chose de vrai. Personne ne communique réellement, ils parlent à travers des phrases brèves et banales. Ils sont prisonniers de leur conformisme qu’ils ont choisi eux même dans un temps intemporel. Le final sera un véritable délire, les personnages devront littéralement exploser.

IONESCO POUR TOUS

Les gens de théâtre connaissent bien Ionesco, auteur prophétique toujours actuel, qui secoue les habitudes du public avec ses anti-comédies et ses pseudo-drames, ses situations absurdes et langage paradoxal. On peut se demander, comment un jeune public  peut percevoir  cette pièce qui fait partie de l’histoire théâtrale du XXème  siècle et des controverses qui ont conduit un théâtre d’avant-garde à s’imposer comme classique. Ionesco dénonce la massification, les gens qui vivent de clichés, de slogans, conditionnés par les médias. La Cantatrice apparaitra comme une pièce déconcertante, mais si joyeusement folle,  capable de désorienter un public blasé !